Vœux de la Maire aux élus de Paris

« Mesdames et messieurs les élus et collaborateurs d’élus, mes chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

Ce que je retiens du propos de Bruno Julliard sur l’année 2016, c’est que la politique, au sens noble et au sens sérieux du terme, s’inscrit dans le temps long.

La transition écologique ne se décrète pas, le progrès social ne s’improvise pas, et le renouveau démocratique ne s’impose pas. C’est dans la durée qu’une ville évolue, que le changement s’y enracine, que le progrès s’y pérennise. Et c’est là toute la différence entre la communication, qui vit de l’instant, et la politique, qui se déploie dans le temps.

C’est dans une histoire politique que nous sommes inscrits en ce début d’année : une histoire politique débutée en 2001 et où Vélib a permis et précédé Autolib, où les berges de la rive gauche ont précédé et permis les berges de la rive droite, où la lutte contre la pollution de l’air n’a pas attendu les pics de ces dernières semaines – où, pour le dire simplement, nous construisons aujourd’hui avec les Parisiens sur des fondations solides.

C’est en nous appuyant sur ces fondations solides que j’envisage une année 2017 durant laquelle je crois que nous devons tous être habités par un sentiment et par une pensée de l’urgence.

Cette urgence, elle est d’abord et avant tout environnementale. Le déluge est imminent et il ne nous attendra pas pour tout emporter. Nous n’avons plus le temps d’attendre, et nous n’avons plus le temps de spéculer – et nous avons à peine le temps d’agir. Cette urgence, je l’assumerai et j’assumerai qu’à Paris elle fasse nécessité. Et je souhaite qu’elle fasse consensus au sein du Conseil de Paris, mais également au sein des assemblées métropolitaines et régionales. Si les maires des 40 plus grandes métropoles mondiales, réparties sur tous les continents, parviennent à tomber d’accord sur l’essentiel, nous pouvons et nous devons nous rassembler au-delà de nos sensibilités sur tout projet servant la transition écologique.

Préparer l’avenir, c’est évidemment accomplir la transition écologique, mais c’est aussi accompagner toujours davantage le quotidien des enfants, des jeunes et des familles, en particulier des classes moyennes. Notre combat en effet n’est pas un combat de quelques-uns, ni un combat pour quelques-uns.

C’est un combat de tous et pour tous, au sein duquel les familles et les classes moyennes ont toute leur place. C’est la raison pour laquelle le sentiment et la pensée de l’urgence dont je parle s’appliquent aussi à la vie quotidienne de tous les Parisiens, à commencer par celles des enfants qui sont notre avenir.

Parce qu’il n’est pas moins urgent à mes yeux d’aider les plus démunis, et en particulier les réfugiés, que de donner à tous accès au logement, à la santé, à l’éducation et à la culture dans une ville où chacun doit trouver sa place.

Entre toutes ces urgences, notre honneur est de mener le combat sur tous les fronts, et de le mener avec constance.

Seule en effet la constance peut nous permettre de répondre efficacement à l’urgence. Bien-sûr la constance n’est guère prisée dans les sociétés de la post-vérité et des artifices médiatiques – c’est-à-dire des sociétés qui consacrent le mensonge et qui se consacrent au mensonge. Mais j’y tiens, et je m’y tiens. Avec mon équipe, nous y tenons et nous nous y tenons.

La constance de Paris au service du progrès, de tous les progrès, est fondatrice de cette fierté parisienne qui doit nous permettre de nous rassembler et de rayonner ensemble tout au long de l’année 2017.

C’est elle qui nous permettra de relever le défi de la transition écologique, de défendre et d’étendre la démocratie, et de rendre ainsi notre ville à la fois plus agréable à vivre et plus attractive : meilleure au quotidien et plus exceptionnelle – et prête à organiser les Jeux Olympiques de 2024.

1. Première urgence : protéger l’environnement et améliorer notre environnement

Nous sommes juste avant le déluge. Dans ces circonstances, notre première priorité, c’est de mettre en œuvre l’Accord de Paris – c’est d’atteindre les objectifs fixés par le C40 pour l’horizon 2020, c’est-à-dire pour demain – c’est également d’atteindre les objectifs fixés pour l’après 2020, notamment à travers l’élaboration et l’adoption d’un nouveau Plan Climat Air Énergie ambitieux pour faire de Paris une ville neutre en carbone à horizon 2050.

Dans cette perspective, il ne nous reste plus qu’une chose à faire : agir – agir là où nous sommes, avec nos armes et nos instruments, au contact d’une réalité que nous connaissons.

C’est ce que nous faisons à Paris, où nous sommes à la fois libres d’agir et légitimes pour agir.

Agir pour faire baisser la pollution

Avec une politique assumée de diminution du trafic automobile en partant de cette évidence que je rappelle : « plus de voitures = plus de pollution » et « moins de voitures = moins de pollution ».

C’est dans cet esprit que nous avons fait en sorte que Paris devienne la première zone à circulation restreinte en France, dès le 15 janvier 2017, avec la mise en place de certificats qualité de l’air obligatoires pour circuler et des aides pour accompagner les Parisiens vers une mobilité plus propre.

C’est dans cet esprit que sera créé avec l’appui de l’OMS l’Observatoire mondial des villes sur la qualité de l’Air (GUAPO) – un observatoire conçu comme un réseau multilatéral de coopération et de partage des solutions.

C’est dans cet esprit très pragmatique que je réunirai des maires du C40 et les grands constructeurs automobiles mondiaux sur la question de la pollution liée au trafic automobile en général et au diesel en particulier. Nous envisagerons très concrètement la stratégie de sortie du diesel d’ici 2020 à Paris, et d’ici 2025 dans l’ensemble des villes du C40.

–       Avec une politique visant à donner plus de place et plus de possibilités pour les vélos, avec le doublement des pistes cyclables d’ici la fin de la mandature. 2017 sera l’année du vélo la création d’une piste cyclable à double-sens rue de Rivoli et l’ouverture d’un accès cyclable par les berges de Seine dans le 16ème arrondissement – mais également la création d’un Vélib à l’échelle métropolitaine, avec des vélos électriques grâce à la métropole du Grand Paris.

–       Avec une politique visant à étendre les espaces de respiration et de liberté pour les piétons : la piétonisation de la place du Carrousel du Louvre, que seuls les transports en commun pourront continuer d’emprunter, la piétonisation du cœur de vie des 3ème et 4ème arrondissement.

–       Avec une politique visant à développer de nouveaux transports en commun propres, écologiques et innovants : avancée des travaux du tramway, lancement d’un nouveau transport écologique sur les quais hauts rive droite, expérimentation de navettes autonomes sur le pont Charles de Gaulle, entre Gare de Lyon et Gare d’Austerlitz.

Ces transports propres, ils sont et ils seront la partie visible, la partie émergée d’une ville en pleine conversion aux énergies renouvelables.

Agir pour donner toute leur place aux énergies propres et renouvelables

–       Avec la création d’un fonds permettant aux investisseurs de financer la transition énergétique : la loi nous le permet maintenant,

–       Avec le lancement d’une nouvelle opération de Green Bonds,

–       Avec le lancement du premier smart-grid parisien pour un réseau de distribution d’électricité « intelligent », au service de l’efficacité énergétique de notre ville, qui prendra la forme d’un projet innovant et collaboratif d’optimisation au sein de l’éco-quartier de Clichy-Batignolles,

–       Avec la rénovation thermique de la piscine des Amiraux dans le 18ème, et des piscines de Mourlon et Émile Anthoine dans le 15ème,

–       Avec la création d’une centrale photovoltaïque avec financement citoyen dans un quartier prioritaire de la politique de la Ville.

–       En renforçant nos actions de solidarité à l’international avec la création du dispositif de coopération « 1% énergies », sur le modèle du « 1% déchets » et du « 1% eau et assainissement » qui ont fait leurs preuves.

–       En poursuivant notre politique de 0 déchet et de développement de l’économie circulaire avec la collecte séparée des bio déchets dans les 2e et 12e arrondissements, le déploiement des espaces de tri « trilib» et l’adoption du premier plan d’économie circulaire.
Agir pour adapter la ville à l’évolution des températures

–       En créant un immense parc des rives de Seine en lieu et place de leur transformation anachronique en autoroutes urbaines à la fin du siècle dernier.

–       En  poursuivant la végétalisation : 10 hectares d’espaces verts à la disposition des Parisiens sur la petite ceinture, au mois de juin, la végétalisation éphémère de l’avenue Foch pour promouvoir une agriculture respectueuse de l’environnement, l’inauguration du château de Longchamp, désormais dédié à la protection de la planète sous la direction de la Fondation GoodPlanet, le lancement de l’appel à projets « Parisculteurs 2 », la création d’un « quai fermier » réservé aux producteurs locaux sur les rives de la Seine.

Cette transition écologique, vous voyez à quel point elle est concrète, tangible, et à quel point, elle améliore la vie quotidienne des Parisiens. C’est le message que Paris fera entendre en 2017 : celui d’une écologie choisie, vécue, concrète. Cette écologie, c’est celle de tous les maires du monde que je rencontre dans le cadre du C40, de l’AIMF ou encore de CGLU. C’est une écologie par et pour les citoyens – à commencer par les enfants et les familles.

2. Nos enfants,  notre avenir : une ville solidaire

Cocteau a dit un jour qu’une ville uniquement peuplée d’adultes était une ville morte. Loin de cette sinistre perspective, Paris est une ville où les familles et les enfants ont leur place : la place centrale, qui est la place de la vie et la place de l’avenir. Cette pensée nous accompagne au moment où nous concevons la ville, où nous l’aménageons, ou nous l’entretenons. Elle n’est pas un vœu pieux : elle est une ligne politique forte qui préside à l’ensemble de nos opérations urbaines.

Une ville accueillante pour les familles et leurs enfants avec :

–       Un service public de la petite enfance : 650 nouvelles places de crèche, l’ouverture de la première maison des assistantes maternelles, l’ouverture de 5 nouveaux lieux accueil enfants parents dont un mobile qui va aller dans les crèches existantes.

–       Des aménagements pour les enfants au cœur de la ville : le réaménagement de la place de la Nation et de la place des Fêtes avec des espaces au sein desquels les enfants peuvent évoluer en liberté et en sécurité,  l’arrivée du Paris-stadium dans le square de l’Hôtel de Ville, l’installation de ludothèques mobiles sur le modèle de l’R de jeu de la place de la République

–       Une ville plus sûre et plus tranquille avec la montée en charge de la brigade de lutte contre les incivilités.

–       Une ville qui s’adapte à ses habitants avec  : l’extension des horaires d’ouverture des parcs et jardin, et l’ouverture dominicale de nouvelles bibliothèques dont la médiathèque Hélène Behr à la fin du mois.

–       Une ville soucieuse de la qualité de vie au quotidien de ses habitants avec le premier tronçon des « Rues sportives Parisiennes », des nouvelles baignades Parisiennes en 2017… l’inauguration de la Baignade de la Villette à l’été et le début des opérations pour la création d’une baignade publique dans le lac Daumesnil

Une ville d’accès universel à l’éducation et à la culture

L’éducation au cœur de nos priorités : les grandes villes en général et Paris en particulier ont toujours été des lieux privilégiés d’éducation. Elle y a toujours été synonyme d’émancipation individuelle et collective. Ce rôle central de l’éducation, nous le traduirons en 2017 en concentrant autour de l’école l’ensemble de nos politiques publiques.

–       L’école au cœur de nos quartiers : l’école où s’écrit, avec l’avenir des petits parisiens, l’avenir de Paris avec 186 écoles élémentaires (52 %) équipées en tablettes numériques en 2017, le lancement de l’école de l’animation, la mise  en place des parcours d’histoire, de mémoire et de citoyenneté pour les écoliers et les collégiens.

–       L’éducation artistique et culturelle avec 100% des enfants du primaire qui auront pratiqué régulièrement un instrument de musique au conservatoire et à l’école.

Une ville où il est possible de se loger avec :

–       La poursuite de notre politique volontariste de création de plus de 7000 logements sociaux.

–       Des transformations de bureaux en logements,

–       La charte de prévention des discriminations dans l’accès au logement à Paris signée dès le 9 janvier.

Une ville soucieuse de la santé avec :

–       Une soixantaine de nouveaux professionnels de santé installés en secteur 1 grâce au plan Paris Med’ et aux maisons de santé pluri professionnelles (MSP) dans les zones prioritaires

–       Un nouveau lieu d’accueil pour les patients atteints du cancer : la Maison Rose et en février prochain le parrainage de la journée des Héros, au profit de la recherche contre le cancer des enfants.

–       L’inauguration de la première « Maison des ainés et des aidants », 6 mailleront Paris d’ici fin 2017

–       Un nouveau schéma en direction des personnes en situation de handicap qui mettra l’accent sur l’accompagnement dans les domaines de l’emploi et du logement.

Une ville soucieuse de la solidarité avec :

–       Un nouveau centre d’hébergement modulaire pour les SDF dans le 12ème

–       L’inauguration du centre d’Ivry (NB : 19 janvier) qui va recevoir les familles, des femmes et des enfants réfugiés, avec une prise en charge adaptée aux souffrances et aux traumatismes qui ont jalonné leur exil.

–       Le nombre de jeunes parisiens bénéficiant de la Garantie jeunes va passer en 2017 de 400 à 1000.

–       La solidarité est une des clés de notre rayonnement. C’est pour ce que nous sommes fondamentalement : une ville ouverte, cosmopolite, partageuse, que nous sommes connus et aimés dans le monde entier.

Et je peux vous dire pour en avoir discuté avec de nombreux maires à Rome en décembre dernier ; que notre centre de réfugiés participe clairement de notre rayonnement dans un monde où l’attractivité sans les valeurs est en train de céder la place à l’attractivité avec les valeurs et par les valeurs.

3. Paris, ville vivante et rayonnante : une attractivité dont les Parisiens sont à la fois les acteurs et les bénéficiaires

Notre ville a toujours été un formidable lieu de création de richesse et de valeur. Elle a toujours aimanté les talents. Elle a toujours été un accélérateur de progrès nouveaux et un révélateur de possibilités nouvelles.

Elle a toujours enfin su se réinventer sans se trahir.  C’est ce qu’elle continuera à faire tout au long de l’année à venir.

Et c’est ce que je ferai valoir lors de chacun de mes déplacements internationaux : au Forum de Davos, à Chicago et New York, à Abidjan et  Brazzaville, à Madrid, à Beyrouth et Amman à Montréal, ainsi qu’à Lausanne et Lima.

Paris capitale mondiale de l’innovation avec :

–       Un succès attesté par les classements internationaux : en 2016, la Ville de Paris a amélioré son classement en termes de capitaux investis dans les start-up, creusant l’écart avec Berlin, qui la devançait l’an dernier. Au 3e trimestre, l’attractivité de Paris a permis de réunir 304 millions de dollars d’investissement en 65 opérations, soit près du tiers du total des capitaux investis dans l’Hexagone. Par ailleurs, Paris est second du classement international Best Cities.

–       Des nouveaux équipements phares dans l’Arc de l’innovation : la livraison de l’ilot Binet, ou l’ouverture de Station F, le plus grand incubateur au monde,

–       Une méthode « made in Paris » dont le succès ne se dément pas : réinventer la ville – J’ai lancé l’Appel Réinventer Paris sur 23 sites parisiens pour faire émerger les meilleures solutions qui répondent aux défis qui sont les nôtres. Le succès de cette opération a été reconnu et la méthode est répliquée avec « Réinventer la Seine », en collaboration avec le Havre et Rouen et « Inventons la Métropole » lancé par la Métropole du Grand Paris.

En tant que présidente du C40, j’ai proposé à mes collègues du monde entier de partager cette expérience avec Reinventing Cities pour que l’innovation et les réponses aux défis urbains et climatiques soient proposées dans une douzaine de grandes métropoles internationales. Et de ce grand mouvement participeront Reinventer Paris 2 qui portera notamment sur les sous-sols de Paris.

Le développement de projets portés par des partenaires qui contribuent à l’attractivité de Paris :

–       Le lancement de la restructuration de la tour Montparnasse, de la Bourse du Commerce et de la progression de très beaux chantiers au cœur de Paris qu’il s’agisse de la Samaritaine, de la Poste du Louvre.

–       Le lancement du chantier de plusieurs des projets de Réinventer Paris (dont Morland, Coulanges et le Philantrolab dans l’hôtel de la Bûcherie).

–       Suite à l’accord foncier signé avec l’État  le 17 juin, le lancement d’opérations phares : logement social sur l’ilot Saint Germain dans le 7e arrondissement, et le lancement de l’appel à projet sur le site Censier, grand projet dédié à la jeunesse, la vie étudiante et l’innovation.

Une ville toujours plus attractive

–       Des mesures post-Brexit d’accueil de la finance éthique, innovante, écologique ou solidaire.
 
Une relance du tourisme

–       Mise en œuvre d’un plan exceptionnel et unique dans l’histoire de Paris de relance de 8 Millions d’€ avec Etat / Région pour promotion de la destination Paris,

–       Nous monterons à 400 jeunes en Services civiques, parmi lesquels 200 nouvelles recrues qui accueilleront toute l’année les touristes mais aussi développer des projets d’intérêt général dans leurs quartiers et auprès des publics éloignés du tourisme.

Une attractivité ancrée dans la singularité et la beauté de Paris :

–       La Seine : inauguration en mars pour les vacances de Printemps du parc des rives de Seine avec la réinvention de la nature au cœur d’un joyau du patrimoine de l’humanité, une nouvelle édition de Nuit Blanche sur ces rives magiques, la réinvention de Paris plage en bord de Seine mais également dans les quartiers populaires au Stade Elizabeth et au stade Louis Lumière.

–       Les Champs Élysées : je souhaite, avec le comité des Champs Élysées, que nous réinventions ensemble cette avenue en y créant une piste cyclable, en y faisant davantage de place à la nature, à l’eau, avec la renaissances des 6 fontaines magnifiquement réinventées mais également en dotant l’arc de triomphe d’un nouvel éclairage.

–       Le renouvellement urbain : Les grands projets d’aménagement urbains se poursuivront. À Clichy-Batignolles, l’opération qui a reçu le prix de de la ville durable à la COP22 de Marrakech, battra son plein. Les ZAC de la Porte de Vincennes (12ème et 20ème) et de Saint-Vincent-de-Paul (14ème) ont été créés, ce qui permettra de  passer aux phases opérationnelles.

J’ai signé le 28 novembre dernier un protocole ambitieux avec la SNCF ce qui nous permettra, en autres, d’engager dès 2017 la mutation urbaine de nombreux quartiers afin de créer des logements, espaces verts et zones d’activité :

–       création de la ZAC Bercy-Charenton (12ème),
–       lancement de l’opération Gare de Lyon-Daumesnil (12ème)
–       des opérations dans Paris Nord Est : Hebert et Ordener-Poissonnier.

Par ailleurs les expériences d’urbanisme transitoire dont le succès est illustré par l’opération des Grands Voisins à Saint-Vincent-de-Paul ou Grand Train sur le Dépôt Chapelle, seront amplifiées pour faire vivre les espaces en friche et permettre des occupations temporaires.
Le patrimoine : Lancement de trois opérations de rénovation d’envergure des églises Saint Augustin, Saint Eustache et la Madeleine

–       Les événements sportifs : Paris une capitale mondiale du sport dès 2017 avec le championnat du monde de Handball, le championnat du monde de Hockey sur Glace et le championnat du monde de Lutte… et toujours le Marathon, le Tour de France, la Parisienne…

La vitalité économique

Dans le domaine du petit commerce avec :

–       plus de 300 locaux commerciaux seront attribués de manière coordonnée, soit dans le cadre du nouveau contrat Paris Commerce, soit par la nouvelle structure de coopération des bailleurs sociaux pour la commercialisation de leurs pieds d’immeuble, afin de soutenir l’artisanat de proximité dans la capitale et l’installation de nouvelles activités » .

–       une ouverture programmée de Halles alimentaires dans le 10e et un lancement d’appel d’offres dans le 14ème

Dans le domaine de l’artisanat et de l’industrie mais également de l’art avec le Lancement du Label “Fabriqué à Paris” et la poursuite de notre politique de soutien de la mode.

A Paris l’attractivité est enracinée dans le quotidien – il n’y a pas les start-ups d’un côté et les petits commerces de l’autre, le numérique d’un côté et l’artisanat de l’autre – mais des gens qui se côtoient, qui dialoguent, qui partagent, à l’échelle de la rue, du quartier… Et c’est ce lien très fort entre attractivité et vie quotidienne qui sous-tend la candidature de Paris pour l’organisation des Jeux Olympiques de 2024.

Les Jeux Olympiques et Paralympiques

Paris 2024 porte une ambition, une vision pour l’avenir qui commencera à s’incarner dès 2017. Notre vision est optimiste, inclusive, joyeuse mais aussi lucide et engagée.

Pourquoi cette candidature ? Pour être utiles à la transformation de nos sociétés, respecter la planète, lutter pour le développement, ouvrir toutes les opportunités à la jeunesse, soutenir l’égalité quel que soit notre pays de naissance, que l’on soit un homme ou une femme, tout cela grâce aux valeurs du sport, aux athlètes qui nous font rêver; tout cela grâce aux jeux olympiques et paralympiques qui réunissent sans distinction la communauté humaine.

Cette candidature – comme d’ailleurs notre candidature à l’exposition universelle, nous la voyons comme une chance :

–       De renforcer très concrètement l’unité et la cohésion de la métropole : avec l’exemple du secteur de la Porte de la Chapelle caractérisé par une forte présence d’infrastructures routières et ferroviaires. Je souhaite profiter non seulement de notre mobilisation pour la candidature olympique mais également des projets Chapelle International, du parc Chapelle Charbon et de Gare des Mines Fillettes pour requalifier la Porte de la Chapelle et  la transformer en place du Grand Paris – c’est-à-dire une véritable couture entre Paris et la Seine-Saint-Denis.

–       D’accélérer la transition écologique, avec la perspective de se baigner dans la Seine, et de rendre concret et tangible ce que j’appellerai l’olympisme écologique.

–       De générer des progrès urbains, économiques et sociaux pérennes – et ces progrès mobilisent d’ores et déjà l’ensemble de la société parisienne avec le 16 mars prochain 1000 startups mobilisées dans le cadre d’un Hacking de l’Hôtel de ville pour soutenir et enrichir la candidature.

Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont l’événement, la proposition la plus puissante qui soit pour réunir l’humanité. Il n’en existe pas d’autre, les jeux olympiques et paralympiques sont une expérience unique. Les Jeux sont le moteur, Paris veut être l’accélérateur.
Et cet accélérateur est aussi (et surtout) démocratique.

4. Vivre, partager et réinventer notre démocratie

Cette vitalité  démocratique est la seule réponse de fond à la crise qui frappe notre société et qui est aussi  en un sens une crise de la vérité. Face à cette crise, beaucoup font le pari de l’inculture et de la démagogie. C’est un pari inverse que nous faisons en misant sur culture et la démocratie. Nous sommes là au cœur de la vocation historique de Paris, qui est une ville où la culture de la démocratie et la démocratisation de la culture ont toujours eu partie liée.

Nous continuerons donc à faire de la démocratie notre culture commune et notre langage commun.

A Paris nous savons ce que nous avons à gagner à faire confiance à l’intelligence des habitants… C’est donc sur elle que nous miserons en 2017 !

Une meilleure connaissance…

La connaissance de nous-mêmes avec le lancement d’une grand enquête sur et par les Parisiens, en associant le monde universitaire et le conseil des générations futures – avec la création à terme de données ouverte à tous et permettant à chacun de savoir de quoi il parle quand il parle de Paris et des Parisiens – des données qui nous permettront de nous inscrire dans le temps long de Paris.

–       La connaissance du monde dans lequel nous vivons avec l’implication du monde universitaire en général et des sciences humaines en particulier,

–       La création d’une Chair Travail consacrée à l’étude des questions d’emploi et de conditions de travail à Paris, à l’École d’Économie de Paris.

–       Cette connaissance sera le support d’une meilleure compréhension – indispensable pour résister aux rumeurs qui se propagent dans nos sociétés de la post-vérité.

… pour une meilleure compréhension

–       Lancement de grandes conférences populaires sur l’espace public et dans les équipements municipaux autour de sujets scientifiques,

–       Amélioration de l’accès à l’information avec l’installation de 75 nouveaux kiosques de presse dès 2017 et 360 à terme, mais également et plus largement le soutien au monde de la presse via le renforcement des aides directes versées par la Ville aux kiosquiers en vue de leur formation, de la diversification de leur activité, de l’amélioration de leurs conditions de travail.

… et un véritable débat

–       C’est en partant de ce qu’ils connaissent et de ce qu’ils comprennent que les Parisiens pourront échanger et débattre comme ils aiment tant le faire – et faire vivre ainsi très concrètement cette démocratie qui doit vivre en dehors du dialogue souvent contraint entre les partis ou entre les représentants élus.

–       La démocratie partout : Création d’un Civic Hall, ouverture de 9 nouveaux espaces de vie et de travail, entièrement équipés,  à destination des étudiants et des associations étudiantes dans les équipements du Crous.

–       La démocratie pour tout, avec un budget participatif étendu, budget participatif bailleur, budget participatif RATP, la création de 5 nouveaux chantiers participatifs sur la Petite ceinture. Après le succès de la conférence de citoyens sur le logement, qui va permettre aux bailleurs d’améliorer en profondeur leur gestion locative, nous réunirons une conférence de citoyens des arrondissements centraux pour envisager avec eux les conditions de la fusion des 1, 2, 3 et 4èmes arrondissement telle qu’elle est prévue par la loi sur le statut de Paris

–       La démocratie pour tous : nous associerons les enfants et les jeunes à toutes les décisions qui les concernent notamment via la carte citoyenne, et nous doublerons le nombre de services civiques accueillis par la Ville (de 300 à 600).

Grâce à des cadres démocratiques renouvelés :

–       Une véritable assemblée délibérante métropolitaine : grâce à la loi, ce sont 131 maires du Grand Paris qui débattent régulièrement des problèmes qui nous concernent tous – la métropole s’impose donc comme un échelon de démocratie particulièrement précieux.

–       De nouvelles interfaces : Ouverture en janvier d’un portail unique de la participation à Paris rassemblant toutes les possibilités offertes aux Parisiens pour s’impliquer dans la vie citoyenne, et Ouverture, grâce à l’expérience de la première nuit des débats, d’une plateforme à disposition des collectifs et des associations pour trouver des lieux de réunion à Paris, avec le soutien des cafetiers et lieux de convivialité parisiens.

–       De nouveaux outils liés aux nouvelles technologies : la V2 de dans ma rue – nous  travaillerons avec les acteurs des civic techs,  pour affiner nos outils et affûter notre réflexion.

Et en cette année d’élection présidentielle, c’est en misant sur le débat, la participation et l’intelligence de nos concitoyens que nous ferons face à ce que j’appellerai l’urgence démocratique. Cette urgence, nous la mesurons régulièrement.

Elle nous saute au visage à chaque fois qu’un populiste remporte une élection après avoir imposé les conditions et les termes du débat ; à chaque fois que l’abstention sanctionne et dans le même temps renforce l’impuissance des gouvernants ; à chaque fois enfin que l’aspiration à un régime autoritaire prend le pas sur l’aspiration à vivre libres, comme la post-vérité prend le pas sur la vérité.

Là encore, nous devons faire davantage que partager un constat théorique. Nous devons nous retrouver autour de fondamentaux concrets : l’éducation, l’information, le débat, la transparence… Là encore, les maires du monde entier réunis ici-même à la fin de l’année dernière ont montré qu’un vaste consensus était possible sur un  gouvernement toujours plus ouvert et plus démocratique : et la place historique de Paris, c’est d’être à l’avant-garde de ce combat.

C’est en étant toujours plus écologique et toujours plus démocratique que Paris sera toujours plus attractive et toujours plus rayonnante. Ces révolutions sont des atouts majeurs dans la compétition mondiale des villes.

Et ces révolutions, c’est ensemble que nous devons les mener : en sachant nous rassembler en certaines occasions comme ce fut le cas le 11 janvier 2015 – et comme ce sera le cas je le souhaite les 23, 24 et 25 juin prochains lors de la fête de l’Olympisme – mais également le 14 juillet, le 25 août, le 31 décembre, lors des nuits des débats, lors de la Nuit Blanche, lors de la journée sans voiture… Ces moments comptent. Ils font de nous ce que nous sommes. Ils font et ils sont Paris.

Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs, en ce début d’année je n’ignore rien des menaces qui pèsent sur le monde en général et sur Paris en particulier. Je me souviens en particulier que cette même cérémonie des vœux a été interrompue il y a deux ans par l’attaque terroriste perpétrée dans les locaux de Charlie Hebdo – et je ne perds pas de vue cette menace.

Mais je suis persuadée que dans ce monde en déséquilibre les grandes villes sont dès aujourd’hui et seront encore davantage demain des centres de gravité :

–       des lieux au sein desquels la fracture entre les gagnants et les perdants de la mondialisation seront réduites au quotidien par les classes moyennes ;

–       des lieux au sein desquels il sera possible à la fois d’être rassuré et de prendre des risques ;

–       des lieux enfin où les valeurs intangibles de l’humanité savent se conjuguer avec la recherche de possibilités nouvelles.

Dans l’urgence, mais avec constance, c’est ce que je souhaite à Paris. »
 

Anne Hidalgo
Maire de Paris

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