Direction collégiale du PS : ma contribution aux travaux préparatoires

Cher.es camarades,

Nous sommes à un tournant historique de notre histoire. Disons-le tout net, beaucoup de camarades, citoyens pensent qu’il est trop tard, comme on voit longtemps briller un astre mort avant de comprendre qu’il est mort.

Prendre conscience de l’affaiblissement très puissant dans lequel se trouve notre parti est nécessaire mais ne suffit pas, il faut agir, vite : Déroute électorale, obsolescence de notre organisation, illisibilité idéologique et programmatique, crise de leadership, la gravité de la situation est sans appel, il nous revient d’œuvrer collégialement pour qu’elle ne reste pas sans espoir.

Il est impératif de donner rapidement de puissants signes de mouvement, d’ambition, d’envie… L’annonce de notre direction collégiale a été accueillie médiatiquement et dans les réseaux militants de façon très mitigée, chacun.e avait son commentaire sur un tel ou une telle, sur les absents et les présents, sur leurs sensibilités, sur leurs actes passés etc. J’ai longuement plaidé pour dire que la composition de la direction collégiale était au final totalement secondaire et que la seule chose qui compte est ce qu’elle sera en situation de proposer à la rentrée et qu’il pouvait être mis au crédit de Jean-Christophe Cambadélis d’avoir réussi à engager la transition dans un parti que l’on sait, à tous les niveaux, asphyxiée jusqu’à l’absurde par sa lourdeur statutaire et les rancœurs.

Cette contribution écrite a pour objectif de poser quelques principes de travail d’une part, et des contributions plus personnelles pour l’avenir d’autre part. Je vous propose d’emprunter une voie radicale et innovante, j’ignore si elle sera suffisante pour se relever mais je vous propose de miser sur nos militant.es pour y parvenir.

Quel rôle pour la direction collégiale et quelle méthode de travail ?

La direction collégiale n’est à mes yeux mandatée que pour proposer une feuille de route « méthodologique » pour engager la reconstruction. Je ne crois aucunement qu’elle puisse prétendre proposer d’emblée un « cadre de travail», elle n’en a pas la légitimité et ce serait encore une fois s’engager dans une démarche descendante que les militants et les citoyens ne peuvent plus souffrir.

De même, la question du calendrier, qui est centrale ne peut pas être figée dès à présent. Il faut se donner du temps. Ainsi, je ne vois pas comment il serait possible de faire voter les militants début septembre alors que nous devons prendre le temps de les consulter avant toute chose. Il pourrait à mon sens être envisagé de consulter les militant.es fin septembre et que la question soit posée clairement par exemple, sur la base d’un document de cadrage méthodologique « Acceptez-vous sur la base de la proposition méthodologique ci-jointe de confier à la direction collégiale la mission d’élaborer la feuille de route ? ».

Ce vote serait doublé d’une grande enquête nationale qui alliera réunions et outils numériques dans chaque fédération sur ce qu’attendent les camarades (1er périmètre) / les citoyens (2e périmètre) d’un parti politique et/ou du parti socialiste.

Pour le bon fonctionnement de la direction collégiale, il me semble indispensable d’élaborer rapidement un règlement intérieur simple fixant l’organisation générale du travail, dont je souhaite ardemment qu’elle soit horizontale, légère, où la confiance et la délégation sont des principes de base et associant collégialement les 29 membres.

Je vous propose également que la direction collégiale puisse organiser rapidement un échange avec un panel de citoyens, militants, sympathisants qui seraient volontaires. Cela serait notamment permis par l’organisation de réunions décentralisées de la direction collégiale dans plusieurs fédérations de France (Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Bordeaux, etc.).

Je pense également pertinent que nous puissions organiser un séminaire de la direction collégiale fin août à La Rochelle en parallèle du rassemblement de la FNESR et ainsi profiter de la possibilité d’échanges avec des centaines d’élus socialistes.

Enfin, il me semblerait utile d’associer quelques militant.es (4 par exemple tirés au sort) pour les associer à nos travaux. J’ai la conviction que leurs regards seraient utiles à nos échanges.

Quel processus pour se reconstruire ?

Je suis convaincu qu’il ne faut pas refaire un congrès tel que le prévoient les statuts actuels. Cela ne pourra conduire qu’à un affrontement de blocs à blocs qui se traduirait inexorablement à la fin par le départ de ceux qui auront perdus.

Je vous propose donc d’engager un big bang statutaire dont la philosophie n’est pas de savoir ce qui doit être amélioré, mais au contraire de repartir d’une feuille blanche pour définir ex-nihilo ce que serait un parti social-démocrate moderne, son utilité sociale, ses fondements idéologiques et sa vision programmatique.

Je propose d’engager un processus conventionnel (« Assises du socialisme ») où les militants désigneraient dans les sections des « délégué.es à la refondation ». Ceux-ci seraient désignés pendant les quelques mois du processus et les Sections et Fédérations assureraient l’organisation territoriale du processus. Il pourrait être aussi envisagé d’interdire aux « délégués conventionnels » de candidater ensuite dans la gouvernance du parti refondé.

Ce processus conventionnel doit reposer sur une grande consultation, mobilisant les militant.es et les citoyen.es et mobilisant des méthodes modernes de consultation pour l’organisation/animation des réunions physiques, une plate-forme numérique d’idéation nationale et territoriale et des études quanti/quali.

En parallèle, nous devons lancer une étude comparative sur la gouvernance des grandes formations politiques dans le monde, les « historiques » et les forces émergentes afin d’y trouver des sources d’inspiration.

Traiter la question organisationnelle n’est évidemment qu’une 1ère étape mais je le crois un sujet essentiel, un préalable indispensable avant d’engager une réelle refondation. La direction collégiale doit proposer un chemin qui permette de dépasser les chapelles.

La convivialité est aussi un moment clé de fraternité militante : je propose que la Direction collégiale organise un grand rassemblement national festif et militant sur le thème de la reconstruction.

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Dans la seconde partie, je voudrais mettre au débat quelques propositions qui à mes yeux caractérisent un parti moderne et qui sont de nature à permettre de recréer une dynamique et qui pourraient être discutées parmi d’autres nombreuses propositions lors du processus conventionnel.

Organisationnels :

  • Décentralisation des moyens au profit des territoires / les grandes fédérations de province doivent bénéficier de plus de moyens, particulièrement dans les territoires de reconquête
  • Priorisation des moyens et permanents pour notre « Laboratoire des idées » interne
  • Déménager le siège du parti pour se doter d’un lieu innovant et ouvert aux citoyen.nes
  • Mettre en place un « shadow cabinet » en lien avec le groupe socialiste à l’AN pour structurer la réflexion sur l’actualité parlementaire et gouvernementale
  • Accélérer la transformation numérique du PS : système d’information, outils de communication, médias, formation des militants
  • Restaurer la collégialité et la discipline sur la base de nos règles internes de fonctionnement
  • Mettre en place un programme national de formation aux méthodes d’animation politique innovantes : animation d’ateliers, activisme, mobilisation, réseaux sociaux et web médias…
  • Co-direction paritaire des sections et des fédérations (élection de duos)
  • Alléger le fonctionnement administratif des sections (supprimer la CA au profit d’un bureau opérationnel), du Fédéral (fusion CF/BF) et du National (fusion CN/BN) : il y a trop d’instances qui font perdre un temps fou aux militant.es et sclérose notre organisation.

 

Politique :

  • Réinvestir les sujets qui parlent à l’opinion publique : le pouvoir d’achat, l’égalité des chances, lutter contre les fractures territoriales, modèle de redistribution, identité et citoyenneté…
  • Re-investir le champ de la réflexion que nous avons trop sous-traité aux Think tanks, notamment sur des sujets de prospective majeurs : la réduction des inégalités, enjeu climatique, soutenabilité sociale et environnementale du modèle de développement, questions économiques et éthiques liées à la robotisation, l’Intelligence artificielle, les biotechnologies, l’humanité augmentée, la géopolitique, la réémergence du fait religieux, les migrations climatiques, la construction européenne, …
  • La Refondation doit s’engager avec comme objectif de dépasser les frontières actuelles du PS pour rassembler tout.es les citoyen.es qui se reconnaissent dans un projet progressiste, social-démocrate et écologiste
  • Mettre fin à la représentation proportionnelle nationale = poser la question de supprimer les courants qui sclérosent le fonctionnement interne
  • Il faut accorder statutairement beaucoup plus de place opérationnelle à la jeunesse dans notre parti, à tous les niveaux
  • Déconnecter les votes qui portent sur la gouvernance du parti des votes qui portent sur les questions de fond : pour redonner un peu de liberté de penser aux socialistes et la liberté de l’exprimer
  • Changer les modes d’investiture qui sont aujourd’hui une prime à l’entre soi : introduire le principe du panachage par les militants pour les scrutins de liste par exemple, réflexion sur l’organisation de primaires locales ouvertes au vote des sympathisants, ce qui suppose de créer et de réfléchir à un statut officiel de « sympathisant » et son articulation avec celui d’adhérent : celui-ci ouvrirait le droit de voter pour les textes d’orientation et les investitures par exemple
  • Limiter à deux mandats identiques successifs maximum (soit généralement 10 à 12 ans…) et appliquer le principe du mandat unique obligatoire.
  • Le succès d’En Marche et de la France Insoumise à l’élection présidentielle doit être être étudié avec attention car ces deux mouvements ont des différences certes mais partagent en commun quelques caractéristiques : relativement récents, ils sont caractérisés par une autonomie d’animation et d’initiatives sur le terrain sur la base de recrutements par internet. La facilité d’adhésion (gratuité par internet) et de création des « collectifs locaux », encadrés méthodologiquement par des centres ressources accessible par internet a permis d’accompagner rapidement la notoriété croissante médiatique de ces mouvements. En revanche, le principe d’horizontalité de l’organisation territoriale est compensée par l’absence de fait de tout pouvoir au profit d’une équipe nationale resserrée, incluant l’absence de compétence pour les investitures. En somme, l’agilité et l’autonomie du mouvement sont valorisées mais les décisions sont verrouillées et centralisées. Ainsi les citoyens semblent plus attirés par ces « mouvements » à l’organisation plus souple qui s’inscrivent dans une dynamique que les anciens partis à l’organisation pyramidale très marquée. Cependant, ces mouvements peuvent-ils survivre à leur hyper-personnalisation et en cas de ralentissement de la dynamique ? Il faudra que nous réfléchissions à la meilleure façon de répondre à la demande de « liberté » et d’action des militants qui s’incarnent mieux dans ces mouvements émergents que dans les partis traditionnels où les codes et usages pèsent péniblement, au risque de désespérer les bonnes volontés.
  • Il faut pouvoir rendre possible différents niveaux d’engagement pour s’adapter à l’évolution des comportements des citoyens.nes et renforcer l’utilité sociale de notre parti, qui doit être en écho avec les mouvements d’opinion et des mobilisations fondées sur le même socle de valeur. Le PS doit renouer avec la gauche mouvementiste au service d’un débouché politique et ne plus accepter de la laisser s’abandonner à la contestation. Pour cela, il faut aussi relégitimer une obligation statutaire de facto abandonnée de co-militantisme syndical et/ou de participation à des mouvements de protection des consommateurs.

 

 

6 réponses à “Direction collégiale du PS : ma contribution aux travaux préparatoires

  1. Politique :
    •Réinvestir les sujets qui parlent à l’opinion publique :
    – le pouvoir d’achat, oui bien évidemment
    – La lutte contre le chômage (priorité de François HOLLANDE !)
    – Agir pour créer une Europe sociale, celle qui doit protéger contre une Europe des marchés qui accentue la concurrence à l’intérieur même des frontières de l’UE ! Le retrait de la Grande Bretagne devrait faciliter la création d’une véritable Europe sociale.
    – Agir contre les dérives de la mondialisation.
    – Défendre les acquis du Code du travail, c’est défendre, entre autres, le contrat à durée indéterminée. La proposition gouvernementale visant à créer un CDI à durée déterminée (!) serait néfaste pour notre économie : moins de véritable CDI, c’est moins de citoyens en position d’emprunter car les banques ne prêtent qu’aux salariés disposant d’un véritable CDI ! Et moins d’emprunteurs, c’est moins de consommation donc moins d’emplois !
    – L’écologie : quelle planète voulons-nous laisser à nos enfants ?
    – La retraite : comment garantir nos systèmes de retraite par répartition ?
    – Agir pour garantir une protection sociale de haut niveau : sécurité sociale, dépendance, etc.

    Voilà quelques thèmes qui me semblent parler à l’opinion publique.

    Pour conclure, le PS doit se rappeler qu’il est un parti de gauche. Il doit donc mener une politique claire où les citoyens de gauche se reconnaissent. A défaut, toute dérive droitiste conduirait à faire fuir les adhérents et sympathisants socialistes vers d’autres partis… C’est sans doute déjà le cas. Pour espérer retrouver une partie des déçus du socialisme, il faut absolument repositionner le parti sur sa place historique et mettre les idées et les valeurs qui ont fait la force du parti socialiste en pratique…

  2. Propositions utiles et intéressantes.
    Je partage beaucoup de chose avec tes propositions.

    Juste une remarque tout de même, le coup de l’enquête nationale est proprement éculée. JCC nous la fait deux fois. Comme je l’ai suggéré au gros pierrot (Kanuti), on a qu’à exhumer les contrib des EG et des cahiers de la présidentielle. Ce sera pour lui et JCC l’occasion d’en prendre connaissance.

    Organisationnels :

    – Décentralisation … Ok mais quels moyens et à quel niveau ? Région ou Fédé. Moyens locaux et/ou système de préréquation ?
    – Priorisation … Ok, reste à savoir ce qu’on met dans le laboratoire des idées. Des monstres prométeurs et des aspirants apparatchiks ou des structures ouvertes vers la société civile et les militants, avec une structure de permanents dédié à l’animation et à l’encadrement logistique des labo ?
    – Déménager le siège… sur le principe pourquoi pas. Mais est-il nécessaire de déménager pour ouvrir ?
    – Mettre en place un « shadow cabinet » … ça fait trop réchauffé et comité des sages autoproclamés. Je préfére un atelier indépendant de veille et de débats, en prise directe sur les réseaux sociaux et les associations avec rendu compte périodique aux militants, doté de moyens de sondage et d’évaluation le cas échéant.
    – Accélérer la transformation numérique du PS : … OK mais quid des moyens financiers ?
    – Restaurer la collégialité et la discipline… Chiche !
    – Mettre en place un programme national de formation aux méthodes d’animation politique innovantes :… OK jeune à mobiliser et quid des moyens
    – Co-direction paritaire des sections et des fédérations (élection de duos) : OUI
    – Alléger le fonctionnement administratif des sections… OUI

    Politique :

    – Réinvestir les sujets… Oui mais avec une vision et un programme cohérent, non avec du pur marketing
    – Re-investir le champ de la réflexion… OUI mais en liaison avec la société civile, en ouvrant les débat au maximum.
    – La Refondation… OK (progressiste, social-démocrate et écologiste : concepts démonétisés et finalement trop flou : à revoir !)
    – Mettre fin à la représentation proportionnelle… OUI SURTOUT LA SUPPRESSION DES COURANTS
    – Il faut accorder… supprimer le MJS en tant que structure indépendante pour le fondre directement dans le parti. Ras le bal des écuries…
    – Déconnecter les votes… OUI
    – Changer les modes d’investiture… OUI pourquoi pas. Déjà que l’on applique pas les processus statutaires… Enfin c’est nécessaire
    – Limiter à deux mandats identiques… OUI.
    – Le succès … OK – Comment le fait de lutter contre la professionnalisation et la starification des élus ou les baronnies ?
    – Il faut pouvoir rendre… OUI c’est évident (en tant que militant CFDT, ancien élu CE, CHSCT, DP CFDT et activiste au sein d’un cabinet de conseil aux CE.)
    – Je rajouterais, renouer avec un pluralisme (formation, parcours professionnel, CSP, age… ) au niveau de la composition de la tête du mouvement.

  3. Bonjour,

    Tu indiques beaucoup de pistes intéressantes aussi bien sur le plan des idées que sur celui de l’organisation mais je pense que tu commets une erreur à demander du temps avant de consulter les militants: Le PS sera mort avant si on laisse faire ce qui a commencé:
    * la direction du PS n’a pas d’orientation précise en matière politique et regarde son nombril en silence : le gouvernement mène une politique de guerre de classe, par ce qu’annoncent les ordonnances mais déjà à travers les actions décidées au niveau des arbitrages budgétaires.
    – baisse des impôts pour les riches et réduction du nombre de fonctionnaires, réduction des moyens mis en œuvre par le gouvernement socialiste pour notre défense, économies tout azimut pour compenser les baisses d’impôts, au détriment de l’investissement, remise en cause constitutionnellement problématique de la décentralisation et de l’autonomie des collectivités territoriales, etc…

    * La majorité des quelques députés socialistes se sont abstenus lors du vote de confiance à un gouvernement dont les postes principaux sont tenus par des gens d’une droite ultra-libérale. Qu’est-ce qui permet de penser qu’il faille encore 7 ou 8 mois pour que les militants choisissent une ligne claire? Sommes-nous tellement perdus qu’il nous faille autant de temps pour commencer à faire des premiers choix?
    * Le bureau national compose une direction collégiale de 28 personnes! une direction efficace pourrait être collégiale avec 3 à 5 dirigeants mais il s’agissait de trouver une place pour des gens qui sont à l’origine de notre échec: pour ma part, je ne me sens pas représenté par des Dray, Germain, Khalfon, Juanico, Maurel qui sont la génération qui dirige le PS depuis 20 ans et sont responsables de son état actuel. Quoique je pense de tes qualités, je ne voterai pas pour ce machin dont tu fais partie, dont la composition visait non pas à être efficaces mais à représenter toutes les motions, sous-motions et sensibilités d’un temps passé.

    Pour ma part, je pense que l’urgence est de définir une ligne claire qui rassemble la majorité des socialistes avant de se poser la question d’un élargissement ou d’alliance, l’urgence est de donner une légitimité à une direction ramassée qui pourra intervenir dans le débat national alors que nous laissons la droite et les mélenchiens porter le flambeau de l’opposition à toutes les idioties issues du gouvernement, nous sommes inaudibles alors que les changements de pied de Macron et Philippe se succèdent. C’est ça qui va tuer le plus sûrement le PS.

  4. Bonjour Emmanuel

    Merci pour tes propositions. Il faut bien sur supprimer les courants. Les militants doivent être plus écoutés en particulier ce sont eux qui doivent désignés nos candidats aux diverses élections. Il faut utiliser la communication numérique et les réseaux sociaux. Macon a utilisé à fond ces modes de communication moderne.
    Il faut être à l’écoute des français, donc notre parti doit être ouvert et on doit organiser des permanences dans nos sections. Je suis prêt à travailler à la rénovation de notre parti. Il faut une dimension sociale pour affronter notre monde actuel.

    Amitiés socialistes.

  5. Bonjour,

    Et merci pour la remise à plat. A partir d’un accord de fond avec la démarche comme avec la plupart des propositions avancées, quelques commentaires :

    1- « Je vous propose donc d’engager un big bang statutaire dont la philosophie n’est pas de savoir ce qui doit être amélioré, mais au contraire de repartir d’une feuille blanche pour définir ex-nihilo ce que serait un parti social-démocrate moderne, son utilité sociale, ses fondements idéologiques et sa vision programmatique ».
    Je vois mal comment faire tenir cette analyse et cette démarche, que je partage, avec le délai très court – la fin septembre ne valant guère mieux que le début – qui est retenu.

    2- Pour répondre à l’inquiétude de Philippe Frati, nous pourrions considérer que nous avons deux fers au feu : le groupe parlementaire pour répondre hic et nunc à l’urgence des enjeux et défis du gouvernement, en principe avec pugnacité ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent ; parallèlement, le processus conventionnel que tu défends.

    3- Je ne crois pas à la possibilité, souhaitée par Ph. Frati, de définir « une ligne politique claire », au-delà bien sûr d’un consensus très général sur, comme tu l’écris, un projet « progressiste, social-démocrate et écologiste » (auquel j’ajouterai « républicain et européen »). La social-démocratie, par définition, est un entre-deux. Exemple : la remise en cause de pans importants du Code du travail s’inscrit-elle, comme on le lit dans Libération, « dans le droit fil de la loi El Khomri », ou bien cette loi marquait-elle un point d’équilibre, et d’arrêt, entre une certaine souplesse pour les entreprises et des droits globalement maintenus pour leurs salariés ?

    On voit bien que l’appréciation renvoie à l’idéologie dont on se réclame : gauche pure et dure ou social-démocratie, et que pour cette dernière il est pratiquement impossible de dégager une ligne politique claire puisque chaque enjeu précis et concret devra faire l’objet d’une analyse ad hoc. Nous serons toujours accusés de trahison par les défenseurs inconditionnels du statu quo.

    4- Je ne suis pas convaincu que le traitement de la question organisationnelle doive être une étape préalable à une réelle refondation. Le champ de celle-ci étant immense et, pour une large part à défricher, refonder devrait à mon sens précéder la forme organisationnelle, laquelle donnerait corps et consistance aux priorités définies par la refondation.

    5- Sur ces priorités enfin, c’est-à-dire le réinvestissement des sujets qui parlent à l’opinion publique, nous ne pouvons pas échapper à l’analyse sans concession de ce qui a permis le succès de Macron. Mon interprétation, à très grands traits, est la suivante : Macron ne doit pas d’abord son succès à la tentation du dégagisme jeuniste, mais parce qu’il a su redonner à une fraction importante des Français confiance dans leur avenir et dans celui de leur pays. Son engagement européen, au rebours du déclinisme des médias, de beaucoup d’intellectuels, du FN, de FI, a pu être perçu à la fois comme un acte de courage politique personnel et comme la preuve que la France n’était pas hors jeu.

    C’est pourquoi, s’il n’y a rien à redire à la liste des « sujets qui parlent », du pouvoir d’achat à l’identité et la citoyenneté, je pense qu’il faut dorénavant mettre l’accent (comment ? c’est à débattre) sur les dernières nommées qui devraient apparaître en filigrane de toutes les autres. Comme une nouvelle frontière en quelques sorte, du style « reconquérir la citoyenneté pour tous », “tous” signifiant tant les habitants des cités que les quelques 9 millions de Français vivant sous le seuil de pauvreté.

  6. Plutôt qu’entrer dans le détail de tes multiples propositions et bien que je les partage pour l’essentiel – dans l’esprit sinon à la lettre – j’en retiens ce qu’il me semble fondamental: revenir à une horizontalité du débat pour restituer à la base la prérogative du choix qu’il s’agisse des structures, des méthodes, du projet et, au bout du compte, de l’idéologie. L’initiative ne saurait décemment revenir à une “direction collégiale” auto-proclamée qui prétend – arrogance, impudence ou aveuglement ? – faire de ses échecs un certificat de légitimité. Je note aussi – si j’ai bien compris – ton souci de ne pas céder à la précipitation et de se donner le temps de la réflexion avant de songer à l’action. Rien ne serait pire, à mes yeux, que de vouloir refaire à la hâte le terrain perdu sans savoir clairement et sereinement pourquoi il l’a été. Ce serait s’abandonner en désespoir de cause aux sirènes d’une démagogie (d’un populisme ?) dont les promesses sans lendemain ont déjà failli nous être fatales. Je souhaite enfin – et je pressens que tu en seras d’accord – que nous évitions l’écueil de déterminer notre avenir, proche ou lointain, par rapport à ce qui semble avoir réussi à nos voisins, qu’ils soient étiquetés marcheurs ou insoumis. Sachons d’abord ce que nous voulons pour nous-mêmes et pour le pays, en toute indépendance d’esprit, sans rancune ni calcul, sans ambiguïté. Ce n’est pas le PS qu’il faut aujourd’hui refonder, c’est bien la Gauche et ses valeurs historiques plus vitales que jamais.

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